Il semble
que les mains de Sophie-Mathilde TAUSS
sortent directement de la glaise,
qui façonne elle-même ses figures
avec une tendre et voluptueuse violence.
La terre (marbre ou pierre en font partie)
connaît son origine,
suscite ses enfants.
Elle se palpe, se déchire,
multiplie ses caresses.
Contourne ses propres résistances,
étudie subtilement l'élan qui la soulève.
Se tord, par un tour de main
d'une inflexible suavité,
pour s'éviter, se dédoubler,
se blottir
dans son secret.
Et soudain, se retire d'elle-même, se contemple avec stupeur,
sans reconnaître cette majesté qu'elle a tiré de ses entrailles.
Après tant de combats amoureux,
d'enlacements, d'enfantements,
les mains alors se joignent, à l'heure venue de la méditation,
la terrible douceur de la prière;
La terre
est devenue
l'extase.
Jean Mambrino